Article rédigé par Mathieu
Plusieurs pvtistes se sont plaint des relations avec les québécois : hypocrisie, difficultés à dépasser le stade de la simple discussion amicale, impressions que les Québécois sont froids et ne s’intéressent pas à votre vie, difficultés à voir ses collègues en dehors du travail. J’ai lu tout ça sur le forum et je l’ai aussi entendu souvent!
J’ouvre un nouveau fil, même si je sais que le sujet à été traité à de multiples reprises Click here to enlarge. Je voulais en traiter de manière globale, du point de vue d’un Québécois. Je sais que certains ne seront pas en accord, que ce soit ceux qui se sont liés facilement avec des Québécois où ceux qui ont, au contraire, éprouvé des difficultés à le faire. Je parle aussi plus spécifiquement du Québec et même de Montréal, je vous rappelle que le Canada anglais est un tout autre univers, avec des codes sociaux différents. Et dernier point, je ne peux m’empêcher d’en parler car mes amis Québécois restent éternellement surpris de me voir trainer avec des Français, un revers de la médaille souvent méconnu!
Les québécois sont ultra-sociables mais la relation ne va jamais plus loin
Et oui! Beaucoup de Québécois aiment échanger avec des gens au hasard, dans la rue ou dans une soirée. Que ce soit pour discuter de choses anodines, donner des conseils, ou exprimer pompeusement son opinion sur la France, nous sommes champions! Pour la personne qui n’est pas habituée, ces discussions parfois chaleureuses donnent l’impression qu’une suite est possible, qu’on pourra se revoir, boire un verre et refaire le monde! Malheureusement, c’est rarement le cas. Souvent parce que le Québécois n’est pas intéressé et n’y pense même pas, parfois parce qu’il a l’impression qu’il ne s’entendrait pas avec la personne dans une relation plus approfondi ou parce que, secrètement, il n’aime pas l’attitude de la personne (mais alors, pourquoi il me parle, quel hypocrite!!!).
Dans la majorité des cas, lorsque vous rencontrez au hasard un Québécois qui vous semble sympa, il vaut mieux prendre pour acquis que cette relation n’ira pas plus loin. Avoir l’attitude du : « je n’ai pas besoin de rencontrer des gens car je suis bien entouré, mais là, maintenant, la discussion me plaît alors je reste un peu ». Beaucoup de mes amis Québécois se plaignent de Français qui veulent se lier trop vite, dans des contextes qui sont pour eux une simple rencontre, souvent plaisante, mais rarement importante. J’avoue que moi même je reste encore éberlué du nombre de fois que des Français me demandent mon numéro de téléphone ou mon courriel! Presque le 2/3 de ceux avec qui j’ai discuté moins de 5 minutes. Dans une optique où je manque de temps pour mes amis proches, il est évident que je ne peux donner suite à toutes ces propositions, aussi sympas soit-elles!
Pour conclure, je ne pense pas que les Français sont par nature « pressés » de se lier, au contraire. C’est plutôt un phénomène propre à bien des voyageurs et c’est normal! Vous découvrez un nouveau pays, vous avez envie de rencontrer des gens d’ici, vous vous sentez parfois seuls et surtout, vous vous liez si facilement entre pvtistes (car vous êtes sur la même longueur d’onde)! Ça doit être pénible de voir les Québécois si jasant, mais rarement prêt à aller plus loin. Mon conseil est donc de prendre ces relations à la légère, de ne pas avoir d’attentes et de simplement profiter de ces occasions pour partager, vous habituez aux sonorités de l’accent québécois, demander des conseils… N’oubliez jamais que, intuitivement, lorsque vous sentez que quelqu’un veut trop, trop vite, il y a souvent une réaction impulsive de rejet. Je ne serais pas surpris qu’avec un esprit plus détendu, vous fassiez plus de rencontres qui mènent à de belles amitié Click here to enlarge
Ils n’expriment pas leur pensées profondes et ils se taisent lorsqu’on essaie de les secouer un peu
Éternel débat! À mon avis, la plus grande source d’incompréhension entre nous et même, la plus grande source d’incompatibilité. J’entends souvent des gens essayer d’expliquer ce phénomène en disant que c’est notre caractère anglo-saxon. Je ne suis pas d’accord : ce qu’on entend par anglo-saxon, c’est le self-control ET l’inaptitude à exprimer des opinions choquantes ou à contredire son interlocuteur. Le self-control, je veux bien (de votre perception), mais pour le 2ème point, certainement pas.
Sérieux, il est là le problème. Malgré tous ceux que j’ai côtoyés, je n’arrive toujours pas à m’habituer à la manière de certains Français d’exprimer leur désaccord, de réagir dans une discussion enfiévrée ou de régler des conflits. Je le sais pourtant que c’est normal, mais instinctivement j’ai envie de sacrer mon camps pour arrêter la conversation, de me fermer comme une huître, ou pire. Je me sens agressé, attaqué : le ton de voix, le fait de couper la parole ou de ne pas laisser des silences pour laisser l’autre s’exprimer, j’ai l’impression que mon interlocuteur se sent supérieur, qu’il essaie de me dominer… Je sais que pour lui, c’est un échange de point vu amical, mais on est élevé comme ça ici et c’est un sacré bagage à refouler. Chaque fois que j’entends une discussion sur les Français entre Québécois, c’est toujours le point qui revient, la raison profonde pourquoi certains ne veulent même en rencontrer ou aller plus loin qu’une simple discussion.
Je vous le dis, si vous êtes de ceux qui ont de la difficulté à discuter avec des Québécois, mettez de l’eau dans votre vin. Vous n’avez pas envie de changer ; eux non plus! Ce cercle vicieux, il faut que quelqu’un le casse et puisque c’est vous qui êtes ici, ce sera plus facile si c’est vous (ça fait moins de monde à changerClick here to enlarge. C’est super simple en fait : accordez votre ton à votre interlocuteur, n’essayez pas de parlez plus fort que l’autre, ne parlez pas trop longtemps en ligne, laissez des silences pour que l’autre puisse s’exprimer, ne dites pas systématiquement à l’autre qu’il a tort, mais parlez plutôt au « je ». Plus vous le ferez et plus vous obtiendrez des répartis intéressantes! Au début, vous aurez l’impression que la discussion est morne, mais le plus drôle, c’est que le Québécois risque de la trouver encore « chaude ».
Les Québécois sont hypocrites
Que ce soit en France, au Québec, en Chine, ou n’importe où dans le monde, on « devine » généralement beaucoup de choses sur notre interlocuteur lorsqu’il est notre compatriote. C’est normal, on a eut toute vie en arrière de nous pour apprendre à discerner le vrai qui se cache au-delà des mots. Codes sociaux, non-verbal, subtiles variations de ton, manière de regarder, choix des mots… Je vois beaucoup de messages pour dire que les Québécois sont hypocrites. Quand vous êtes entre français, si vous êtes un minimum attentif, vous le savez n’est-ce pas si votre interlocuteur est intéressé par la discussion, si il est sur le point de quitter, si vous avez une chance avec un garçon ou une fille, etc..?
Je lis qu’on est hypocrite parce qu’on cache notre opinion, ou qu’on ne donne pas suite aux rencontres (comme expliqué plus haut), parce que vous éprouvez des déceptions quand vous croyez être embauché mais que vous ne l’êtes pas. Je devine que certains d’entre vous qui ont eut des relations plus intimes avec des québécois(e)s ont eut des grosses incompréhensions car ils n’arrivaient pas à « lire » la personne, à comprendre si elle voulait juste un one night stand ou une relation. Tout ça, c’est normal! Nous en avons autant de difficultés à « lire » entre les lignes lorsque nous vous parlons. On semble proche car on a la même langue, mais au final, nous n’avons pas les mêmes repères, les mêmes standards. Ils ne sont pas incompatibles, mais un travail doit être fait des deux côtés pour qu’on arrive à se comprendre et à s’épanouir ensemble.
Je vous accorde quand même qu’on est naturellement pas enclin à la bagarre et qu’on va donc, par politesse, se laisser plus marcher sur les pieds que vous, ou continuer des discussions qui nous énervent plus longtemps. Ça vous énerve, c’est normal. Malheureusement, on ne nous changera pas du jour au lendemain! Le Québec, ses habitants, ses paysages, notre manière de gérer la vie forme un tout et certaines choses que vous aimez ici viennent certainement un peu de notre caractère moyen en tant que peuple. Votre caractère « moyen » a aussi façonné la France, en bien et en mal, et certaines des choses extraordinaires que vous avez créées viennent de ce caractères et rendent votre pays aussi attirant pour nous que le Québec peut l’être pour vous.
La difficulté de se lier avec ses collègues en dehors du travail
Vous aimez votre emploi, vous aimez vos collègues! L’ambiance est plus chaleureuse et cordiale que ce que vous avez connu en France, vous avez l’impression que votre patron s’intéresse à vous et qu’il vous traite comme un égal : Vous êtes tellement chanceux! Nous on ne le perçoit pas comme ça Click here to enlarge. J’exagère un peu, mais vous voyez ce que je veux dire : la comparaison vous semble très favorable et beaucoup d’entre vous se sentent mieux dans leur environnement de travail québécois que jamais ils ne l’ont été en France. Nous sommes évidemment en moyenne moins enthousiastes car, nous nous référons seulement à notre expérience ici.
Malgré tout vous êtes surpris car, malgré les 5 à 7 hebdomadaire, malgré que vous êtes amis avec certains de vos collègues sur Facebook, malgré que vous avez d’excellentes discussions durant la pause-repas ou dehors en fumant votre clope… vos collègues éludent ou refusent vos invitations en dehors du travail. Dixit mes commentaires précédents, qui peuvent jouer, il y a la simple raison que les Québécois séparent fréquemment le travail de leur vie personnelle. Pas dans tous les domaines, pas tout le temps, mais souvent. Beaucoup d’entre vous se sont sûrement fait des amis au travail, comme beaucoup n’y ont pas réussit : ne le prenez pas personnel, c’est juste normal.
Comment s’aliéner un québécois dans un temps record
1. Le jeu des comparaisons : non seulement le Québécois moyen s’intéresse peu à la France (malheureusement), mais si vous êtes tout le temps en train de critiquer (même de manière constructive), aïe! Qui aime entendre son pays se faire démolir, je me le demande?
2. Ne pas l’écouter. Ça semble drôle à dire, mais on croirait que certains Français sont tellement enthousiasmés par le Québec qu’on croirait qu’ils parlent au pays et non à une personne. Poser plutôt des questions personnelles lol. Surtout que le Québécois moyen lui, est pressé d’exprimer son opinion sur la France, alors si vous ne le laissez pas parler, il ne sera pas content.
3. Sortir en 1 minute les clichés habituels sur le Québec : on ne dit jamais « caribou!!! », les cabanes en bois rond et les traineaux à chien c’est pour les touristes, les chemises carottées sont passées de mode, le Montréal sous-terrain ça ne nous intéresse pas beaucoup, « tabernacle » ça sonne énervant pour nous alors dites plutôt « tâbârnak » on vous pardonnera avec plaisir l’accent tant que vous dites le bon mot, arrêtez de nous dire qu’on est fou d’être jamais allé à New-York la majorité des Québécois sont plutôt anti-américains primaires, arrêtez de nous parlez de Garou Céline et les autres, on est tellement content quand ils quittent le territoire! Click here to enlarge
Encore une fois, je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec tout ce que j’ai dit! Pas de panique, c’est une analyse personnelle, pas un dogme inébranlable. Pardon pour la longueur, mais c’est tentant d’essayer d’expliquer en détail. Peut-être qu’un modérateur aura envie de le couper en plusieurs sujets, j’y ai pensé, mais j’ai voté pour la vision globale. Et pour finir, si vous critiquez mon opinion, de grâce ne le faites pas en parlant du Canada anglais ou des régions. Le Québec est presqu’aussi différent du Canada que la France l’est pour l’Angleterre, Montréal est aussi différent des régions que Paris ne l’est pour le reste de la France.













